Va voir dehors si j'y suis

va voir dehors si j’y suis

 

9 / 10 novembre 2017

grottes / genève / www.vvdsjs.org

 

www.vvdsjs.org

 

ateliers animation et espace public

Aujourd'hui, ici et là, fleurissent de nombreux projets interdisciplinaires ayant pour but la réappropriation de l'espace public. Parcs, cours, rues, places, les possibilités sont nombreuses et questionnent l'animation socioculturelle.

Tout aussi nombreux sont les modes d’intervention : de la simple fête de quartier à la plus sophistiquée flash mob, en passant par les aménagements éphémères. Ce type d'action et d'expérience propose une alternative novatrice, de nouveaux espaces à considérer et à conquérir.

Ici et là, la fonction intégrante du domaine public est remise en cause par la volonté de contrôler ces espaces. Sous divers prétextes (sécuritaires et autres), de véritables dérives voient le jour :

- abandon de la responsabilité publique en faveur de la privatisation de ces espaces en échange de contreparties: (taxes, sécurisation, financement de travaux et promesses d'entretien),
- raréfaction des espaces publics par le jeu de la tension immobilière grandissante,
- exclusion des jeunes, des migrants, des précaires, des marginaux par un contrôle de l’accès de plus en plus drastique.
Amputés de leur fonction " publique ", ces espaces se sclérosent, deviennent froids, stériles, mécaniques et sans âme. Ce sont aujourd'hui des lieux "ressources" à préserver.
Les initiatives locales offrent de véritables contre-feux à ces dérives d'aseptisation. En offrant aux habitants un regard neuf sur leur ville et leur quartier, l'animation socioculturelle a un rôle à jouer.

 

Animation, fêtes et "vivre ensemble"

Le "plaisir d'être ensemble" participe à l'identité du quartier et à la cohésion sociale: convivialité et "lâcher prise" donnent un nouveau souffle au "vivre ensemble", cela hors des conventions du quotidien. Les fêtes se consomment, elles se co-construisent entre divers acteurs du quartier. Elles sont ainsi propices à l'implication et à l'action. La garantie du libre accès et du libre arbitre permettent la diversité, le lien social et l'échange.

L’accueil des événements festifs et conviviaux est une des fonctions sociales primordiales de l'espace public. Une aubaine pour l'animation socioculturelle. A l’inverse des fêtes traditionnelles institutionnalisées (voire "préemballées"), imagination, savoir faire de chacun et désir collectif sont « moteurs ». De nouveaux projets, légers, furtifs, éphémères et inédits deviennent possibles. Places, rues, squares, terrains en devenir offrent la possibilité d’expériences les plus folles. Seul frein, les écueils administratifs et les responsabilités engagées, qui compromettent hâtivement les initiatives. Aller plus loin, rire, découvrir, rencontrer, danser, inviter, rêver…. Quid d'une politique de la ville incitative et facilitatrice en la matière ?

 

Animation "pour tous" dans l'espace urbain

Les espaces publics ne peuvent être réduits à des espaces transitoires, dédiés exclusivement à la mobilité et à la consommation. De par leur fonction d'ouverture et de cohésion sociale, ils ne peuvent être entièrement contrôlés et régis. Les populations en marge, quelques fois reléguées et/ou cachées hors de la ville, ont un rôle à jouer dans la ville de demain. La rue comme lieu de cohésion, d'intégration ? Le défi n'est-il pas d'imaginer des scénarios de cohabitation avec les diverses populations, plutôt que de les bannir ou de s’ingénier à les rendre invisibles ?

 

Animation, médiation, engagement citoyen

Agora...forum… nous n'inventons rien, mais pouvons considérer l'animation socioculturelle comme "prétexte» : observation, confrontation des points de vue, débats… La force de proposition et l'implication des habitants interrogent les normes, le quotidien, les représentations dominantes. Ainsi, l'appropriation de ces espaces constitue-t-elle une forme active de "citoyenneté». L'individu et le collectif ont leur place, tout un chacun peut y inventer et présenter son scénario. L’intervention citoyenne propose de manière alternative un consensus social non légiféré, non planifié, non décidé en haut lieu. Ces actions arrachent inévitablement quelques bribes de légitimité aux élus et aux spécialistes. Le pouvoir public doit-il craindre ces processus ou au contraire les valoriser?

 

Animation au carrefour des disciplines

L’intervention dite "hors les murs" est par nature décentralisée. Non protégé par les lieux convenus et officiels, le résultat est plus risqué. Il s'expose à tous, interagit et se confronte. La rue offre une foule de modes d'intervention: on cuisine, on plante, on danse, on construit, on joue, on converse… Depuis de nombreuses années, l'intervention dite « artistique» est une figure de proue de l’intervention urbaine. Aujourd’hui, de nouvelles disciplines toquent à la porte et entendent s'exprimer. Les architectes/designers sont notamment sensibles à ce type de démarche et sortent des sentiers battus. Les espaces sont interrogés, réfléchis puis investis. Et cela, bien souvent en concertation avec les usagers des lieux en question: réinterprétation des espaces, approche décalée, voire humoristique, détournement des fonctions des espaces et du mobilier, valorisation d'espace (vides, sales, abandonnés, considérés comme inesthétiques ou désuets), architecture hybride, offre éphémère de lieux conviviaux et de repos, etc.


L'approche collective et éphémère s'impose avec légèreté et douceur. Elle réduit fréquemment les coûts et interroge certains projets institutionnels, bien souvent trop coûteux. Elle sollicite et exacerbe par ailleurs la motivation, et stimule la production d’huile de coude. Le résultat demeure quant à lui transformable et fait la part belle au hasard et au singulier. 
Aujourd'hui, les interventions sur l'espace public se structurent et gagnent une forme de reconnaissance, de légitimité: formations spécifiques, fonds de soutien publics, orientation de la politique culturelle.

 

Ces ateliers permettent de découvrir diverses expériences suisses et européennes et de poser des questions telles que :

comment intégrer les populations marginalisées ?

Comment resserrer les liens et se réapproprier l'espace public ?

Comment rendre les pouvoirs publics facilitateurs de tels projets ?

Comment amener le débat dans la rue ?

Quel est le rôle de l'animation socioculturelle ?

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